Petite bulle

Je suis là depuis tant de temps comme un vieux chêne creux. Je t’observe d’un œil pétillant comme un jour de fête.
Tu sautes à pieds joints sur les chemins de terre
Tu joues à cache-cache avec le soleil
Tu grimpes aux arbres pour te pendre à l’envers sur une branche. Ta jupe recouvre alors ta tête. Tu montres ainsi ta culotte au ciel.
Tu t’en fous
Tu n’es pas pudique
Tu as à peine conscience de ton corps
Tu es trop occupée à découvrir le monde
Tu me sautes au cou. Me serres presque jusqu’à l’étranglement.
Tu déposes des bisous baveux qui claquent au coin de mes joues.
Tu joues avec mes cheveux comme si j’étais une de tes poupées.
Tu es fraiche.
Tu crois en tout. Tu pleures pour un rien. Même pour un escargot écrasé.
Tu aimes tout le monde.
Tes amis imaginaires, tes nounours et tous ceux qui gravitent autour de toi.
Tu es belle comme la rosée.
Tu éclos chaque matin
Tu n’as pas peur de demain
Tu connais tout juste le mot hier
Tu vis au jour le jour.
Tu croques les heures
Tu glisses sur les minutes
Avec ton innocence et ta candeur.
Mes yeux se ferment de vieillesse
Tu me réveilles avec la cloche de tes rires
Tu es l’église de mon existence.
Tu es vide d’expérience
Tu es pleine d’imagination
Tu es un tout
Tout petit d’homme
Tout doucement
Tout en toi s’éveille
Alors qu’en moi, tout meurt.

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