Pas possible

D’abord nous n’y croirions pas. Pas ici. Nous éteindrions la télé et irions au cinéma, ou au restaurant, ou simplement dans le quartier marcher un peu. Acheter du pain peut-être. Les heures auraient presque le même poids que d’habitude.

Nous ne voudrions pas y croire. Plus ici. Nous écririons sur quelques groupes whatsapp d’amis ou de parents pour organiser le quotidien des jours à venir. Je m’occupe de l’aller. Tu gères le retour. Une fois sous contrôle la vie se plairait à prendre quelques risques.

Puis nous penserions à autre chose et cette chose ne sonnerait pas comme d’habitude. Comme une balle de pingpong dont on a du mal à voir la fêlure. Nous serions troublés. Des mots étranges effleureraient la surface. Nous les chasserions car ils nous sembleraient être la fin du langage.

Mais viendrait la nuit. Le silence qu’elle impose et l’injonction à entendre. Aucune échappatoire. Les cinémas et les restaurants ne sont plus des refuges. Les quartiers font semblant de dormir. Seuls les enfants respirent paisiblement car nous leur avons menti.
Soudain la peur. Plus rien ne semble familier. La mort redevient un possible omniprésent.

Nous réaliserions alors avoir connu la paix.

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