Hommage à Pina Bausch

Ils disaient que j’iradiais, que mon aura les englobait tous, que je les survolais sur la scène.
Ce que je voulais, c’était dans mes très longs bras, dans le bleu de mes yeux, dans de très légers petits sourires, dire le dévolu.
Ce que je voulais, c’était dire le mouvement en un seul mot.
Ce que je voulais c’était trouver une langue, une écriture dans les corps
Ce que je voulais c’était que chacun traduise l’invisible, c’était que chacun me confie son intime restitué,
tous ses âges, ses rêves, sa fragilité et sa force d’être, jusqu’au dépassement.
Ce que je voulais c’était que chacun exprime sa propre interprétation, que chacun soit conscient de sa
propre énigme, du mystère et du savoir-faire de sa jouissance.
Ce que je voulais c’était les percer à jour, traverser leurs vérités, lire leurs corps jusqu’à l’ossature, ce qui y est enfermé, ce qui remue à l’intérieur, ce qui doit se libérer de sens.
Ce que je voulais c’était trouver en chacun l’état de corps, son symptôme émotionnel, la résurgence du
désir jusqu’à la violence.
Je ne leur disais jamais il faut ou il ne faut pas. Ce que je voulais c’était que ça leur vienne comme une
grâce.
Ce que je voulais, ce n’était pas donner des explications mais des sentiments. Ce qu’il faut c’est ressentir.
Ce que je voulais c’était parler de notre immense besoin d’amour.

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