c’est pour caresser
des mots qui effleurent
la page se posent un peu
en haut un peu en bas
sur son ventre partout
c’est pour tisser un
fil de ta peau à la mienne
à l’écoute du moindre souffle
araignées complices dans l’attente
d’un tremblement
c’est parce que je ne sais
pas parler c’est si bête pourtant
écarter les mâchoires laisser venir
la gorge la brûlure
la bouche la brûlure
les lèvres la brûlure
des paroles qui remontent
c’est parce que je ne sais pas
peindre non plus ni chanter
ni me montrer sous ton balcon
ce n’est pas parce que je sais écrire
car je ne sais pas si je sais écrire
mais tout le monde peut écrire un peu
et je veux être tout ton monde