Un chez toi

Les années passent 

Un village terne
Un arrêt de bus imprécis 
Des étreintes folles 
De rendez-vous en imprévus

Une maison austère 
Murs blancs
Façades blanches 

Au dehors un noyer 
Des mûres et des framboises 
Un banc pour déjeuner 
Au son d’une radio 

Personne n’y vient jamais 
Le temps y passe lent
Et nous aimons cela

En d’autre temps 

Les années passent 

Une façade de vigne-vierge 

Un clair-obscur à travers les vitraux 
Plume d’or à l’encre turquoise 
Sous-main de cuir brun
Que j’aime et qui m’effraie 

Des horloges à rebours 
Confinent aux aïeux 
On y cherche le jour 
Les jeux sont pétrifiés 

Devant la vigne-vierge 
On dessine une marelles 
À quoi bon la terre et le ciel
Quand on lance seul le galet 

Les papiers peints trop sombres 
Me guettent en insomnies
Et me mènent en rêve 
vers une autre maison

Une toute petite
Aux chambres mansardées 
Les lits à même le sol
De livres parsemés 

Au rez-de-chaussée 
Un vaisselier chinois antique
Une télévision obsolète 
Des cigarettes consumées 

Un café à partager
Pour des amis 
venus se réchauffer 
Au foyer des conversations 

Les années passent

Derrière les façades blanches 
Chacun a pris sa place
Toi le domaine des toiles immenses 
Moi l’étendue des cordes qui résonnent 

Peu de mots échangés 
Dans l’absolue complicité

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