Je creuse en spirale
Accumule la terre aux épaules
Épanche les peines
Plonge les mains étanches
Perce


Parce que toujours elle pâlit
L’opacité m’enserre
Au large on crie plus grand
Parce qu’élimée, deviens ulcère


Tu crisses au vent, penche la nuque
Ongles rompus, colonne cousue
L’échappé au fond des pierres
Descente au creux de nous, prière


Parce que l’hiver, dormance,
pensées perçantes
Le fracas en vient à bout
Nouée aux cils, je retourne mes trames
Je déchire l’étoffe, m’y fonds


Parce qu’elle tremble sous sédiments
Mon ventre n’accueille plus
Parce qu’hurler recouvre la nuit
Parce que les constellations
m’ont accueillie
Parce qu’asséchèrent, parce qu’éblouie
Corps en névé, s’encrevasser


Mémoire qui penche, s’extirper du néant
Le gouffre aspire quelques bribes arrimées
Sublimation de mes solides
Le langage me passe au travers
Éther


Parce qu’au-delà du dicible, l’océan
Au creux du coude, ton adresse
Parce que le sol égratigné, tapis tiré
Parce que je suis l’ancêtre
Je suis la nuit


Creux creux, crève
Carrousel de litanies tordues
J’inspire l’atmosphère des sous-pentes
Je luis plus bas que les vers
Au creux de l’être terreux
Je bruisse en nuage

Traversée tectonique

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