M’aimes-tu quand ça crie ?
Je t’aime avec ma voix !
Le verbe m’a terrassée.
M’aimes-tu quand ça pleure ?
Je t’aime plus encore !
Les paupières m’ont cachées.
M’aimes-tu quand nos corps se serrent ?
Je t’aime avec ma peau !
Mon ventre m’a essoufflée,
L’air échangé l’avait atrophié.
M’aimes-tu par le rythme de nos deux pas unis ?
Il m’apaise de son jeu si gai !
Notre marche m’a égratignée
Je n’aime vraiment, je crois, que la lande seule à seule.
M’aimes-tu quand la pluie bât fort à nos fenêtres ?
Elle me rend si confiant !
La pluie qui ruisselle sur ma peau m’a enchantée.
M’aimes-tu avec ma folie ?
Je ne peux que l’aimer !
Les pierres et les planètes m’ont confié leur secret. Je le préserverai !
M’aimes-tu avec ma folie ?
Bien plus qu’avec leur santé !
Ils m’ont lacérée la bouche et les yeux ; et tant de choses encore que je ne saurais les nommer.
M’aimes-tu pour la tendresse de mes yeux ?
Leur couleur brune m’a sauvé!
Et lorsqu’ils se voilent ?
Ils me sauvent de même !
M’aimes-tu quand ça n’essaie plus ?
Je ne pourrais me résigner !
Ta force m’a renversée,
Portée vers un ailleurs perdu
Plus clément que ce monde
Que je ne comprends pas !
M’aimes-tu sans raison ?
Tes mains m’ont toujours recréées !
Tes mains ont toujours su me regarder.