Tandis que tout vacille
Tu chercheras la route
Tu te perdras d’abord
Comme un cri au dedans
Tandis que tout vacille
Il te faudra sourire
Tenir le dos bien droit
Tresser fort tes cheveux
Calligraphier sans ratures tes cahiers
Récolter les bons points
Et mentir droit devant
Tandis que tout vacille
Tes mains ne devront pas les ensevelir
Rien ne t’y oblige
Elles ne les recouvriront pas de terre ou de fleurs
Sauf si ton corps te le demande
Tu ne leur portera pas d’hommage
Tu ne leur dois ni ton chant ni ta voix
Tandis que tout vacille
Depuis le liquide amniotique
Tu perdras l’illusion
De la toute puissance
À panser les plaies insondables
De leur naufrage
Le sextant de leur perte ne sera pas le tien
Tes propres écumes seront ta survie
Ton droit et ton devoir
Tandis que tout vacille
Il te faudra risquer
La chance facile à ignorer
Arracher l’épiderme
Des doutes forts ancrés
Et risquer la confiance
De ton regard
Il te portera loin
Tandis que tout vacille
Tandis que tout vacille
Tu n’auras plus besoin de mentir droit devant
Le temps en sera résolu
Tu n’auras plus peur de trembler
Ni d’accomplir ce qui te semble bon
Le temps en sera résolu
Et tu iras en paix
Rien d’autre ne comptera