Un job à temps plein de te faire disparaitre

te revoilà
mon tendre
mon cher creux
au fond du ventre
.
toujours je te retrouve
tu es toujours là
toi
au moins
.
nuit ou jour
je ne sais plus
petites heures incertaines
c’est le déni de ton absence qui me tient éveillée
.
impossible de me dire
que je t’ai perdu à jamais
je ne dormirai plus
trop peur de te retrouver dans mes rêves
et que tu ne sois plus là
à mon réveil
.
une telle brutalité
avant déjeuner
c’est inhumain

le voilà

ce cher
ce tendre
ce précieux
creux du manque
au fond de mon ventre
.
il n’y a plus que moi maintenant
je suis bien obligée de le nourrir
et puis avant ça
de le sentir
reconnaitre son existence
.

car tu es bel et bien
partie

.
tu ne seras plus là pour me sauver
pour me sermonner
me protéger de moi-même
de mes folies de noctambule
.
je peux faire l’école buissonnière
de notre amour
une chose pour laquelle
tu ne m’en voudras pas
.
après tout
l’oubli
ça se travaille
c’est un job à temps plein
de te faire disparaitre
lentement
t’arracher
à mon corps
.

je crois que ça s’appelle
faire table rase
tabula rasa
voilà mon seul projet
.
une fois vide
et blanche
comme la page
inscrire
sur ma peau
des marques
.
d’autres marques que les tiennes
d’autres cicatrices
avec d’autres encres
.
laisser une trace quelque part
pour la douleur
pour conjurer l’oubli
.
mon corps
cette page blanche
à recouvrir
d’autres mots que les tiens
une autre peau

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