Il faut que tu manges le monde.
De toute manière, les dès sont déjà joués, alors pourquoi se priver ? Dévore tout comme une ogresse, ajoute du sel et du piment rouge partout, autant qu’il te plaira.
Il faut que tu goûtes chaque ingrédient sans faire la grimace.
Sur un plateau d’argent, la vie te sert des milliers d’opportunités, si tu es intelligente, tu sauras les mener par le bout du nez.
Goûte, croque, engloutis voracement, n’en laisse pas une miette.
Et si quelqu’un te traite d’égoïste, mange-le.
Les pistaches se dandinent devant les moustachus et ricanent niaisement avec leur toute petite voix aiguë. Fais-les craquer gentiment sous tes molaires.
Les couteaux tranchent en fine lamelle les cœurs pour en faire un carpaccio d’amoureux. Ils ne t’ont pas vu venir, l’amour rend aveugle, c’est un refrain un peu ringard, mais tant pis, c’est bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à ouvrir les yeux.
Les moutons tous habillés de blanc se pressent les uns contre les autres et se cachent sous tes aisselles, sous la plante de tes pieds et derrière tes oreilles. Pars à la chasse, déloge-les pour n’en faire qu’une bouchée. Bientôt tu auras tout avalé, il ne restera plus rien à te mettre sous la dent. Un univers vide.
Et alors ? Tu en auras bien profité n’est-ce pas ? Quand il ne restera plus personne à qui parler, tu te diras que tu es un moine zen qui a découvert la vacuité.
Et puis
tu te mangeras.
Magnifique, le rythme nous entraîne à folle allure, j’adore 🙏
J’aimeJ’aime