Enfance

Premièrement

Mes nuits-
Noires d’angoisse

Mon corps-
Un château hanté par mes peurs du silence. Le fantôme de la mort rode en moi.

Non je ne voulais pas dormir.

Deuxièmement

Mes parents-
Des morts-vivants.

Mes pleurs perçaient leur os, ils étaient invisibles d’amour. Pas le droit de les réveiller.

Leur lit-
Une tombe aux fleurs de l’égoïsme.

Je n’avais pas le droit d’avoir peur du noir.
Je n’avais pas le droit de me lever. Le froid de mes terreurs nocturnes embaumait ma couverture, linceul d’un abandon.

Troisièmement

Le jour se levait mais maman était resté dans sa nuit. Sombre, elle était transpercée par le spectre du soleil de mon existence. Elle en avait si peur, perdue dans le labyrinthe épineux de ses douleurs. Elle errait dans notre maison de glace. Je glissais vers elle mais jamais je ne la rejoignais.

Quatrièmement

Je mettais mes patins de courage à mes pieds mais je me changeais en statut de sel, figée par ses réactions violentes.

Cinquièmement

J’allais vers la lumière de l’extérieur, trop éblouie par le soleil des autres, je disparaissais. Je fusionnais avec le rien, l’air, le vide. Je devenais comme elle, comme lui. Un mort-vivant.

Sixièmement

Mes yeux refusaient de quitter mon monde. Ils étaient des crayons, des pinceaux, des feutres de couleurs de ce (et non ceux) qui m’entourait. J’avalais petit à petit la beauté qui ne crève jamais. Mes yeux m’ont ainsi raconté de belles histoires, auxquelles je crois encore aujourd’hui.

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