C’est un dimanche.
Un matin froid.

C’est un jour désordonné
qui me ressemble.

Il me plaît que rien ne presse.
Je bois un thé, un café, c’est selon.
Je le sirote avec le reste de sommeil

et de rêve sucrés dedans.
Je m’attarde dans la chaleur des draps.
Je regarde le ciel par la fenêtre.
Il pleut. C’est l’hiver.

Qu’importe, le soleil reviendra.

Rien ne presse.

La ville respire un autre rythme, lent, assourdi.
C’est un jour sans direction précise, sans directive.
C’est ainsi que je pense à vous, sans idée précise.
Je vous pense en images.
Je les brasse et les colore à l’envi.


Vous avez une écharpe enroulée autour du cou.
Vous avez un stylo glissé dans la poche de votre veste.
Vous marchez seul dans cette ville

qui est la vôtre et que je ne connais pas.
J’invente un livre entre vos mains
une tasse que vous portez à vos lèvres
un journal déplié sur la table du café.
Votre regard quitte le journal ou le livre.
Au delà de l’arbre, des toitures, il s’envole
pour rejoindre l’oiseau

qui plane dans le ciel gris.
À quoi rêvez-vous, à qui ?


C’est dimanche.
Rien ne presse.
Je rêve sans en avoir l’air.
Je parle de vous au vent.
Je suis toute à mon affaire.
J’invente votre rêve dans le mien.
Je m’invente dans votre rêve.
Je suis l’oiseau dans votre rétine

celui qui vole tout là-haut.

J’aime ces moments-là

quand je nous imagine
et que dure le temps.

J’aime ces moments-là

quand je nous imagine

et que le jour s’étire doucement.

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