Ta vie plus précieuse qu’aucune autre

Je me souviens de la première fois,
Où tu es venue me dire
ta crainte de la séparation
Quelques années plus tard,
tu la désires cette rupture avec toute une partie de ton histoire
où tu n’avais rien choisi
sauf de donner et de protéger la vie
Toi que l’enfance n’a pas épargnée
Toi sur qui la noirceur s’est abattue dès les premières lueurs de l’aube
Toi qu’un monstre visitait chaque nuit
Toi qu’une marâtre anéantissait déjà dans son existence balbutiante
Comment tu as fait pour avancer avec cette plaie béante,
pour ne pas succomber aux méandres poisseux de cette abjection
où tu as connu l’opprobre sans jamais t’y résigner
où toujours, tu as refusé de céder à la férocité
Moi seulement je me tiens là, auprès de toi,
Pour te rappeler ton souhait
de préserver le sanctuaire qu’autour de toi tu t’es efforcée de bâtir
de ne pas céder à cette horreur, de ne pas te laisser engloutir par le poids du passé
que tu as su si majestueusement dépassé
C’est émouvant de te voir aujourd’hui aspirer à un autre avenir, aimer et désirer
Tu ne pleures pas mais tes larmes seraient d’or
Elles seraient la sève vive de toute l’humanité
La trace de ce qui fut, en même temps que celle de la beauté,
Par toi, jamais abandonnée

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