Tes doigts ferment les paupières
de cette personne qui n’a jamais
été
et qui n’a jamais su te voir
– mais si bien t’avoir, 
te posséder, 
t’émouvoir.
Sur leur peau, tu dessineras
des yeux
toujours grands ouverts
pour te regarder 
– refléter le vide 
de tes prières
sans échos.

Tu accepteras que tu as perdu
ce duel,
tu commenceras à faire
le deuil,
et tu revêtiras une voilette
de l’amour que tu as donné
– pas reçu –
qui allongera ton visage 
de quelques pieds
et obscurcira ton fard
de quelques teintes.

Mais surtout,
tu n’oublieras pas
– tu n’oublieras rien –
de te retourner,
pour voir,
le miracle
– on dirait un mirage –
des yeux dessinés
qui ricochent leurs faisceaux
– et tirent le rideau –
sur les étreintes du futur.

Maintenant
n’est pas vain,
– c’est une promesse
de l’instant où le bleu n’est plus nuit
mais jauni, comme l’iris
des yeux qui se tourneront 
vers ton soleil.

Demain,
c’est certain,
tu seras l’éclat
qui irradiera 
dans de nouveaux bras.

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