« Le temple est en ruine en haut du promontoire »
Cette voix qui n’est pas mienne. Pourquoi ?
« Et la mort a mêlé dans ce fauve terrain »
Je récite le second vers.
La troisième, le lycée, le professeur,
Alexandrins, scansion, assonances,
Musique antique, paysage champêtre,
Dieux, pâtre, satyre puant aux pieds de bouc,
Naïade sans défense au bord d’une source fraiche.
J’ai un carquois d’or. Heredia.
Chevelure blonde roulant sur mes épaules.
Son solitaire d’une flûte. Je suis Pan.
Orchestre, rideaux cramoisis,
Troisième rang, La Mer. Debussy.
Sur le haut de la dune aux carex,
Assis, les yeux noyés dans l’océan.
Elle émerge du flot.
Le vent la noie lentement dessous le sable. Disparition !
Illusion ? Personne sur la grève. Un rêve ?
Ressac incessant d’un fracassant souvenir.
Un tunnel sombre sans fin. Cet accident dans ce tunnel.
« Les déesses de marbre, et les héros d’airain », disparus.
Seuls demeurent mes alexandrins lycéens.
Enterrée. Solitude morbide. Elle a rejoint l’antique ruine.
Plus de plage, plus de dune, plus de temple,
Plus rien.
« Juste un cœur qui cogne dans le silence de la mer »