Il faut toujours marcher en sens inverse
pour mieux contempler
la richesse de sa propre existence,
l’enfance de ses jardins solitaires
au milieu d’un sous-bois,
rond et délicat.
Au moment où le soleil se couche,
alors on peut changer d’avis,
donc de peau, en quelque sorte,
et cheminer à nouveau
sur le fil de nos circonvolutions.
Y voir passer nos pensées,
dans le même caractère
unique et changeant,
presque semblable
au cours d’un ruisseau.
Accrochés au ciel, les nuages blancs
ont l’air de s’amuser
à dessiner des traces éphémères.
L’enfant les a interprétées,
puis il les a laissées passer,
s’est couché sur le ventre,
joue contre l’herbe fraîche.
L’enfant
modèle le monde,
comme s’il n’était
qu’à lui.
Et les nuages
le regardent,
avant de changer
de forme.
Rien que pour ses
beaux yeux ébahis.
Se mêle à ce tableau,
des années après,
un homme,
au caractère d’enfant.
On le reconnaît bien !
Il se penche lentement
sur un fragment du temps,
et le ciel d’automne,
ce majestueux ciel d’automne,
invoque les nuages à nouveau.
L’homme tourne la tête,
dans une drôle de contorsion.
Enthousiaste et courageux,
craintif et peureux,
il retourne sur la terre
de ses ancêtres.