On a le temps posé
sur l’étagère de la cuisine
tu attends
dans la langueur de l’été
on s’égare on t’oublie
à la lumière crue du matin
tu attends tremblant
affaibli à l’agonie
tu attends
et puis on se souvient
deux mains désolées t’emportent
il est grand temps
deux mains creusent ta place
dans la croûte de terre
tout près du thym
il suffit pourtant de presque rien
un peu d’eau de paille chaque jour
pour que ton pouls batte à nouveau
dans ce petit bout de jardin
deux mains t’espèrent attendent
l’élancement vers la lumière
il suffit pourtant de presque rien
caresser tes joues prendre soin
pour que ton corps se relève
courageux vaillant
basilic