La danseuse

Elle, c’est la danseuse,
On dit, ici, qu’elle tourne pas rond,
Toute la journée,
Fait la même chose …

Elle danse
Sur les gesticulations vaines de l’humanité,
Elle danse
Trace sa ronde pour effacer celle du monde,
Elle danse
Sur l’immobilité des gens,
Les solitudes de ces milliers de grains de sable,
Elle danse
Se fond dans les glaces des pôles,
Extrapole ses mouvements dans les miroirs,
Voit dans leur ampleur un espoir.
Elle danse
Dans les lumières aveuglantes des nuits noires,
Les déferlantes, un exutoire,
Elle danse
Evite les faux-pas, les pas de deux, les danses en ligne,
A contre-temps,
Elle danse
Sur l’éternité passagère des nuages et des ciels étoilés,
Elle danse
Entre les chats, avec trois chats, un cha-cha-cha,
Elle danse
A en avoir le tournis, à en perdre la tête, l’équilibre,
Pieds et mains déliés,
Elle danse
Que pourrait-elle faire d’autre, à part danser ?
Déplacer l’air pour le changer ?
Comme la Terre dans son espace,
Inlassablement tourner,
Tracer sa ronde pour effacer celle du monde.

Et son corps à la craie parfois se demande
S’arrêter ? Et après ?
Que dira-t-on d’elle, ici ?
Qu’elle a perdu pied, sans doute…

Alors, il trace sa ronde pour effacer celle du monde.

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