Elle traverse les espaces les yeux presque fermés elle sait se repérer elle ne voit qu’à moitié elle connait le chemin les dangers les angles elle sait cinquante ans qu’elle y circule dans cette maison des mains qui guident des mains des yeux l’escalier à monter elle s’obstine à grimper des mains qui frottent les murs tandis qu’elle regarde le sol qu’elle regarde ses pieds qu’elle voit le brouillard du carrelage ou bien tête penchée elle pense à toutes les choses qu’elle a à accomplir elle parle de toutes ses choses qu’elle doit faire pour combler la journée pour vivre la journée et ses chaussons râpés aussi vieux qu’elle est vieille ça glisse tout glisse ça caresse les espaces les tapis ça sait conduire la carcasse et sa tête penchée vers l’avant elle circule là dans ce monde sa maison sa vie avance avance encore et jusqu’où et jusqu’à quand jamais non jamais quitter cette maison entêtée elle tiendra elle tiendra ne veut pas le savoir les murs se taisent et transpirent en silence le flot des existences ils résistent aux secousses eux vieilliront plus tard.

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