Un fragment de miette est une miette. Le fragment s’émiette en multitude de miettes.
La trace d’un reste hante la miette comme le souvenir d’une trace brisée. Comme le reste
d’une substance qui suppose sustenter.
Persiste
Je me nourris de miettes. Le rien me comble. La mémoire d’un plein désormais vide
m’occupe et me déborde : abondante liqueur creuse…
Elle absorbe et râcle
Elle est la bile qui ronge l’envie alanguie
Elle est l’attente latente qui demeure à ma fureur
Qui m’écrase et m’appesantit
dans un entre temps qu’aucun système n’établit.
Eclate.
Suppurante plaie, rauque abcès s’écoulant d’une lenteur immodérée
Purulente. Dégoulinante. Trou en décomposition – consume.
L’abcès vit dans la plaie.
Alors la moisissure s’enracine. Alors d’invasives tentacules dénudent mes organes, me
possèdent : je moisis.
Et préfère la trace à la présence.
Et préfère rien. quitte à en perdre miette