Terre-plein dans l’inconstance

Nageur malgré les courants, sans doute ni angoisse, tu avançais en contrôle, en confiance. Tu as été sans heurt. Tu suivais l’itinéraire, organisé, maîtrisé. Tu courais derrière les pas, le temps, pour ne pas perdre, ne pas le perdre. Tu étais bien campé sur tous tes repères.

Et puis tu as chuté, plusieurs fois. 

Maintenant tu ruisselles, tu batailles. 
Des cassures, tu en tires des mots, des chants, des pas à pas pour mieux se dresser.
Tu étais insouciant. Tu es devenu faillible. Tu n’as pas le choix. Tu te fies au relief, tu affutes le minuscule, le sans bruit, le à mains nues. 
Tu étais boussole. Maintenant tu es en pleine garrigue.

Je te regarde pour adoucir tes angles. 
Je t’éclaire la route. 
Je remonte tes pentes. 
Je cherche patiemment le fondant dans ce corps qui palpite. 
Ce corps qui est le mien.
Ce corps que j’habite.
Ce corps qui porte en même temps mon passé, mon présent et mon futur.
Ce corps qui reste quand tout s’éboule.
Mon corps à vie.

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