Ne pars pas
ne t’envole pas
tes sœurs tombées
ne sont pas encore mortes
pas tout à fait pourrissantes
dans leur manteau d’hiver

pose devant ma fenêtre
unique survivante
tu tiens par un fil de compagnie
tu ne fais pas de bruit
tu me diffuses des images en couleurs
le givre te dessine des contours de rosée glacée
le soleil joue la transparence de ton or
danseuse le vent te souffle son haleine

et puis si
va-t’en !
je sais que tu ne peux résister
aux éléments des frimas
aux appels de celles qui s’enterrent peu à peu
feuilles d’automnes en tapis d’écus d’or
pour donner naissance à de fragiles violettes

devant la fenêtre
ton ombre sur ma page blanche
se balance comme poésie
reflet de ton visage
les prochains abricots d’argent
ne sont pas en sommeil
sous l’écorce craquèlent les soupirs
des bourgeons bilobés tout nus

laisse toi tomber

ne sera pas un manque
dans ma solitude ton absence
me dicte en signes invisibles
pas à pas
une écriture
dans une langue que je ne parle pas encore
alphabet de l’humus

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