je reconnais ma voix
je reconnais les lieux
je suis seule encore et tu es déjà là
quelque part
pas loin peut-être même tout près
peut-être même que tu peux me voir
déambulant l’eau sous les pas
la vague au cœur
le frisson d’avant le frisson
quelque chose dans l’air me prévient
un avant-goût de toi
me picote le bout des doigts
je ne sais pas quand tu arrives sur cette passerelle
qui surplombe le canal
et toute la vie assise sur les quais
riant fumant prenant le soleil
mangeant la joie
sans craindre qu’elle disparaisse
sans penser à demain
le bonheur des autres
et le mien
je ne sais pas si je suis bien là
mais j’entends ta voix
je te reconnais
à l’aveugle
et je goûte pour la première fois
à tes lèvres où le désir déborde
et où le mien palpite et coule
à pic
tu me retiens vertical
au bord du vertige
dont tu es la cause
alors ton regard
alors ton sourire
plus légers qu’un envoûtement
l’envie de rester un peu plus
que longtemps
les mots peuvent bien se taire
deux minutes
nous aurons tant de choses à nous dire
que même aujourd’hui
à l’absent je parle

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