Bien sûr il y a l’aube
Sa peau de lait
La soie de ses cheveux
Ses traits de fusain dans les nuages
Cadran solaire des oiseaux
Sur un pointillé de nuit


Bien sûr il y a la lumière
Ses nervures sur les murs
Les copeaux qu’elle taille dans l’eau vive
Ses filets tendus
Entre rouge et violet


Bien sûr, il y a les arbres
Et le ciel qu’ils découpent en fractales
Il y a le givre et ses dentelles insolentes
La mer et l’opale de ses ombres
Il y a les étoiles
Leur âge qui s’exprime en voyages


Il y a ces coïncidences entre le monde et moi
Ces moments-là
De bascule
D’éblouissements
De reconnaissance
Bien sûr
Mais ce geste
La paume de mes mains dans les méandres de ton dos
Quand elles l’ont lavé pour la dernière fois
Quand il n’était plus rempart
Contre les terreurs du lendemain
Ton dos devenu tableau noir
Où je devais tracer ce matin-là
Les mots de l’au-revoir
Ce geste
Qu’il fallait incroyablement beau
Pour qu’il garde le souvenir de nous

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