Ce qu’on danse…tout

C’est sa fontaine
qui cicatrise nos plaies 

C’est son cratère 
qui avale nos peines 

C’est sa salure 
qui pétrifie nos doutes 

C’est son absinthe
qui assouplit nos ombres 

C’est sa nuit 
qui projette un lait noir 
âpre et épais 
sur ce qui aveugle

Sa couche pierreuse
camoufle les rivières de sang
rassemble nos sursauts
contient nos fébriles 

Nos sommeils cisèlent
les tissus du monde

Sous nos béances 
la terre tremble 
la mer déborde 
l’air sature

La lune s’éclipse 
au point du jour…

Un point du monde 
où se condensent
            nos marées

Un point du jour

où se condensent

            nos conquêtes 

Ce qu’on danse…tout

Tout
ce qu’on danse
au réveil 

Ivre de sa nuit

« La force de la lune pénètre partout » [Pline l’ancien]

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