Le passé ne fleurit plus
Le passé ne fleurit plus

Disparues

les fragrances laiteuses des roses et du lilas
mauve, l’odeur de jonquille du soleil
sur l’herbe sèche des souvenirs
d’enfance qui riait

Avant

j’entendais le passé respirer
Hier
j’ai entendu le passé soupirer
j’ai entendu le soupir passer
de l’espoir qui fuit
retrouver la jeunesse perdue
Ses poumons expirer tout
l’air heureux
du temps qui s’épuise

Mais il n’y a pas de temps
Mais il n’y a pas de temps

Hier est aujourd’hui
Dans ma mémoire

Hier la pluie
coule et pleure sur l’humus des rues
Elle sent le présent sale et gris

Le ciel n’a plus d’étoiles à pleurer
Le ciel n’a plus de lueur
n’a plus d’odeur
plus d’antan
tant
il fume
de cigarettes mentholées au mensonge
et vapote des arômes artificiels de soleil et de jonquilles
Ses poumons enfumées,
ses poumons enflammés

Quand reviendra la nuit au clair d’étoiles ?
quand reviendra la nuit au clair d’étoiles

mes os refleuriront au pied de l’héliotrope
les cheveux blancs de joies à venir
fanées avant même d’être
écloses

les jonquilles renaîtront de
mes pensées mes vers
nourris
des restes de soucis échevelés

Et sur le tombeau de mes regrets,
les filaments d’argent d’un mycélium
embrasseront le monotrope uniflore

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