Longtemps, j’ai cru qu’il n’y avait ici rien à trouver, simplement des mots qui ne parlent pas, des phrases longues et pourtant vagues, des mots de brouillard. Je cherchais ce qui se taisait sous les plumetis bleus tendre d’un papier peint – celui de ta chambre d’enfant, longue comme un tombeau, sombre comme une cave – le relief du papier murmurait sous mes doigts puis ses vagues retournaient au silence, aucun océan ne chantait, aucun oiseau ne glissait en criant sur ces flots.
Le mensonge était au coin de tes yeux, une aile de charbon qui palpitait, noyée de fard scintillant, le dessin de l’abîme. L’orage a finalement brouillé les lignes et la pluie est entrée, tu as fermé les yeux pour ne jamais rien en dire.
Je cherche depuis cette chose qui aurait pu être, je la cherche sur les lèvres des hommes, je cherche les mots manquants. Leurs regards, souvent, s’absentent comme le tien et je retrouve la douleur du mensonge, le noir de tes yeux de noyée. Le mensonge est une absence, un retrait, la disparition de toute la promesse d’un regard. Ce qui s’est retiré sans se révéler, je ne le trouverai jamais. Pourrais-je l’écrire ?