La révélation

Pendant longtemps, jusqu’à aujourd’hui et c’est la raison de la reprise de ces notes dans mon journal, on m’a tu que j’étais Père.
Silence qui se voulait sans doute bienveillant, mais silence qui me blesse non pas à mort (j’aurais préféré) mais à vif.

Brûlures dans mon crâne
Mon regard ne sera jamais plus le même.
Et ma parole ? Que vais-je pouvoir dire ?
Que vais-je pouvoir vivre.

Honte à avaler, pour ne pas avoir su !
Ne pas pouvoir car ne pas savoir.

« Heureux les simples d’esprit… », mais maintenant je sais. Je sais que l’on me pensait incapable, inapte même à savoir. Qui du naïf ou du détenteur de l’information est l’irresponsable ? Pécher par omission.

Une maternité n’est jamais cachée, on ne peut pas être mère sans le savoir (à moins de mourir avant ou pendant).

Je suis père et je ne l’ai pas su ; le silence m’a décalé, vrille ma vie.

Et qui est la mère ? Fait-elle partie de ce « on » ? Et mon enfant ? Que sait-il et que peut-il sans père ?

Ma parole ne sera pas entendue puisque je suis en dehors de la réalité.
Chercher, qui, quoi, où.
Dénoncer, défoncer, me défoncer
Devenir un réel irresponsable, un réel incapable de
Leur donner raison et perdre la mienne
M’échapper

Avant cela, j’écris.
J’écris car que faire d’autre

Vite un passeur de feu pour apaiser la brûlure

Un trou dans le crâne pour libérer la pression

Déhonter ma vie
Me déresponsabiliser
Je ne sais plus
Je suis à court
D’idées, d’encre
De papier
D’envie
De vie.

Je ne sais plus
Je n’en peux plus
Chuis fatigué
Chuis crevé

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