ce qui reste de nous

Dans la cuisine, on n’échangera pas sur les émotions qui tapissent l’atmosphère, on préférera le choc-tintement des casseroles, on maintiendra les cheveux lisses, les traits tirés, les nuits éparses, on gardera la pose photographique, affichera les portraits dans l’entrée.
Nous n’avons pas été. Ne plus vieillir sur papier glacé.

Dans le canapé, on n’étirera aucun corps, on composera un amas de peau et d’os. On effilera les minutes, comme on pèle une banane. La fin engloutie, on se lèvera pour la promenade à dix jambes.

Pas de mots, des gestes épuisés, une danse qui contourne ce qui crierait : plus de liens !
Seulement la figure !
Performance, pas de parole. On laisse nos voix sur les seuils, on soigne encore dans l’épaisseur du sens, ce qui reste. Ce qui reste de nous. D’un geste, elle balaie les miettes.

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