Quelle est la plus proche des plages de sable ?
L’étendue d’eau la plus épaisse ne la contiendrait pas, elle s’efforce de briller même dans les profondeurs. Alors
Comme nous sommes des grains qui
comme le sable se confondent
Comme nous sommes des
enfants doués de parole
noués de désirs
parfois il nous faut
nous taire
Car nous sommes
Aveuglés par le présent présent qui nous brûle les yeux à force de cristaux d’argent.
Quelle est la moins philosophique des questions ?
La consistance des parois a à voir avec le tissu du monde.
Tu sais comment ça fait un gosier qui s’étouffe en pleine nuit et qu’on n’a pas vu venir cette irritation de gorge.
Il y a des grumeaux sans fin dans la pâte à crêpes.
Sans réchauffer les matières, on n’obtient jamais rien.
Quel est le meilleur jour pour ne pas travailler ?
Il fait beau : c’est là une prairie de possibles. Prendre des paréos, cueillir des pommes, converser avec les abeilles, marcher dans les herbes. Faire du ciel son étendard. Ne pas toucher à la voie lactée.
Quelle est la chose qui reste sans réponse ?
Des milliers. Des milliards. Là, ne pas penser aux profondeurs. S’immoler dans les couleurs, peindre sa propre peau pour ne pas sombrer. Inutile de faire de la cartomancie si ce n’est que pour demander :
L’instant où l’on meurt.
Qu’est-ce qui poursuit sa course comme une comète ?
Un vide traverse la rue sur le passage piéton. Il s’engouffre. Personne ne le voit. Mais il peut prendre la forme d’un nuage rondouillet, d’une brassée de fleurs, d’un chien noir. Le vide n’a pas qu’une apparence.
Comment peut-on la dire, cette course dans les étoiles ?
Inutile de compter les mètres, les années-lumière se suffisent à elles-mêmes. On se sent dépassé. Il ne pouvait rien nous arriver de mieux, non ? Ça apprend à laisser filer – étoile filante. Il y en a tant que la bibliothèque d’Alexandrie ajoute sans cesse des rayonnages dans ses étagères. Regarde l’index. Il montre le chemin.
Qui regarde ?
Le vieil homme peut – il est aveugle mais puissant par sa mémoire. La vérité n’a rien à voir avec la mémoire.
Sous chaque image dort un roman. L’étincelle fait de chaque instant un champ vaste
Où emménagent nos dépendances friables
un miroitement hors du commun
une fleur qui s’épanouit
une fleur qui s’évanouit.