Pourquoi lui à ce moment-là?
Une sale période pour moi, presque une perdition. Non mais que dis-je une réelle perdition. Je m’accrochais corps et âme à des fils invisibles qui m’échappaient.
Je coulais à la surface de la Terre. Buvais la tasse à chaque respiration. Suffoquant en souriant. Plus de prise et prise en plein cœur par des fantômes qui m’habitaient, me télécommandaient. Je croyais être moi, je n’étais que l’ombre de moi-même. Une automate morte vivante… mais avais-je été réellement vivante avant ce temps-là?
Il est apparu dans un couloir et je l’aurai reconnu même en plein noir. C’était ma bouée de sauvetage, enfin l’air allait enfin re circuler dans mes cellules. Un nouveau scénario, à vivre après la mort, une nouvelle accroche. Il était la vie qui allait me redonner vie. Des mois, des années, accrochée j’étais, purement et simplement. Un destin, c’était écrit, c’était ainsi.
Aujourd’hui, libérée, délivrée, comme la chanson, le suis-je vraiment? Libérée de quoi, de qui? Délivrée d’où? De quel geôlier, de quelle prison dorée, de quel joug? De moi-même…
Elle s’envole dans le printemps doré de lumière. Ses ailes frêles prennent de l’ampleur et sans peur aucune s’élèvent au-dessus des nuages. Nue dans les nues. Un déploiement à l’infini.