La vérité toute nue se baignait dans le torrent de pierres
Lorsqu’un chat sans tête lui vola son regard
Elle errait se cognant les doigts de pieds sur les gros cailloux
S’enfonçant dans la vase, le visage fermé , les mains en avant
Un goût amer dans la bouche
Du ciel muet
Le brouillard tombe
La lune embarrassée, toujours pressée, file
La cime des arbres luit
Près de chez Louise.
Louise est obèse, grande et sans cheveux
Elle se dilate, et flatte d’un coup de natte, le vieux lapin, son cousin
Un grand cri dans la nuit et puis
C’est le matin
Un nain vient
Dans sa main
Il n’a rien
Dans l’autre non plus
Brillent les âmes des farfelus
Une pluie de petits nez est tombée
Cette nuit dans le pré
Louise a rêvé
Son grand corps jaune se balance
Sur le chemin de son enfance
Branche en fleur
A la saveur de pèche.
Dans le lit sombre
Des mains sans frein
Ont pétrifié
Son corps de braise
Elles ont enfoui
Dans ses replis
Leurs ongles noirs
Sans espoir, sans amor, ni remords
L’aube est blanche et muette, la pluie fait dur bruit sur le toit du grenier .
C’est l’avant printemps des boutons en devenir, si fragiles aux gelées.
Corps inconscients
Insouciants d’un futur qui chavire dans la soie grège des printemps écarlates.