Seule la rivière fait taire le bruit du monde.
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Ta langue s’est déliée, juste là – assise près de moi – à l’ombre des saules.
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Je sais la fraîcheur des bouches, la vitesse du courant, le poids des eaux lourdes.
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Tes mots sont distordus par mon songe.
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La meilleure cachette est au pied de la rive, sous les roseaux, dans le repli du tertre.
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Les flots de paroles – la fenêtre est-elle restée ouverte ? – collent à mon rêve.
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Dans le lit, les absurdités chuchotées nous rendent la force de sourire.
LA RIVIERE ET LE LANGAGE