les révélations de ma nature profonde m’ont été données dans le ronflement abyssal d’une
nuit sans lune.
une vision claire et profonde et simple de l’ontologie complexe originale et délirante de ma
constitution.
je suis végétale.
(or tout touche toujours à l’animal. nous sommes une espèce zoocentriste.)
née décentrée. enfant déjà je parlais aux abeilles.
ceci n’est ni une réalité ni une irréalité c’est la vibration interne des strates qui m’animent.
c’est. et c’est découvert.
une identité sous-jacente à l’écharpe animale.
la puissance la force l’attractivité d’une telle nature ne peut que s’inscrire dans un hors-cadre.
(un photo-montage les photons dansant dans le vide du beau. dans le vif du bref.)
quand t’es comme ça tu penses en lichen
tu penses en floraison
tu penses en champignon
tu penses en saison.
(c’est d’ailleurs étrange on a longtemps invoqué la nature comme prétexte à parler de
l’humanité.)
flore intestinale flore vaginale
ramifications neuronales pensée en arborescence système végétatif.
je suis végétale.
racinaire gorgée d’eau de sève de lumière de gaz.
je photosynthèse
je multiplie
j’articule
je particule
les subdivisions
les reproductions
les apex perplexes
je rampe je racine je fleur
m’étends me répands
je suis renoncule fischia cèpe bolet
xanthoria parietina
vivace vive succulente fibreuse fougueuse
résistante respirante accrécente.
traces de strates.
sur le seuil des pollens virevoltant
profondément enfouie
dans la vie frénétique de l’animal-carne.
végétale en lianes-animales.

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