Un seuil
Pour une architecture de séquelles
Pour ceux qui archivent leurs gestes dans les murs
Pour les gravats des sismographes
Pour ceux dont le soleil déferle des boues
Un seuil, une frontière
Une pierre levée dans ses contours de lumières
Pour des lits de poussières
Des pluies de salpêtre
Pour ceux qui ont le regard qui rouille
Ceux qui lapident la nuit sur des canots de fortune
Un seuil, une marge
Une périphérie broyée dans un tonnerre de bitume
Pour des voix de passage
Des vents aux rides d’enfance
Pour ceux qui voûtent leurs pas
Ceux qui déchirent leur ombre à la lame de l’aube
Un seuil, un toit
Pour les hontes sous la langue
Pour celles qui mangent leurs peurs
Pour les ailes pliées sous les colères
Pour celles dont les blessures sont nues