Un jour viendra je le sais
où tu disparaîtras totalement
comme un lièvre
devant un chasseur
enfui devant
un fusil

Un jour viendra je le sais
où ton visage se repliera
sur la ligne d’horizon
en petits carrés
des enveloppes
avec tous tes messages
à l’intérieur

Un jour viendra je le sais
où ta bouche diamantaire
ouverte sur le sel
le cristal de tes mots
sur la saveur boisée
de mes lèvres
se taira morcelée
absente

Un jour viendra je le sais
où ton œil refluera
hors de ma lumière
un soleil se tournera
derrière les cils une brisure
dans mon œil ton œil
fermé

un jour viendra où alors
je m’éteindrai un peu
comme chaque jour
depuis que je sens glisser
ta haute stature d’arbre
que je la sens se craqueler
son écorce brute
fissurée

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