Je sillonne les draps où tu creuses ton absence – ton sommeil soc dans les terres qui pourrissent en moi. Ton silence sévère mon visage, je crispe tes mâchoires, serre l’anneau obscur de ta gorge mes mains autour de tes coups perfides, tu sarcles mes mots là où ils naissent, là où ils paissent. Je suis jachère et tu cognes ton front entre mes hanches et tu griffes mes flancs des faucilles de tes ongles. Tu hurles loup sous le butoir des lunes, je glane les pluies au-delà de tes paupières, nous ne vivons qu’aux lisières de nous-mêmes.
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Elles invectivent le ciel de n’être pas élues, claquemurent le monde dans des tissus de mensonges, elles sont un fil de chaines. Elles se dérobent sous les parois du barbare, se rient des traces de boue laissées dans les yeux qui sont venus trop proches, séquencent le tendre jusqu’à les rendre aumônes. Elles sont deux, elles sont foule, elles sont nuées de désirs et d’arrogance, elles sont buées qui postillonnent le mépris. Venins des bords des lèvres, elles vivent dans les replis de leurs refus, vipères dans les herbes hautes de leurs secrets.