j’ai collé mon front contre la vitre sale
comme tant d’autres l’ont fait avant moi
je partage avec eux
le va-et-vient du train
les pensées fécondes
le regard qui ne se pose
sur aucune ligne de fuite
je me solitude
je suis moi au milieu de tant d’autres
je me replie au creux de vous
comme on s’entend enfin parler
entre deux silences
je me replie en votre corps
masse humaine qui entre et sort
je me solitude
être parmi vous c’est me sentir seule
mille vies mille inconnu.e.s mille rencontres
mille pensées obscures ou obscènes
mille tristesses cachées au fond d’un sac
mille tendresses au bout de vos doigts
et dans vos pupilles éprises du soleil
et dans l’écho de vos voix
je m’entends enfin penser
mes yeux gobent le paysage sans le fixer
alors j’écris sur mon papier de verre
les ongles plein de terre
le front collé à la vitre sale
les silences qui me racontent