Henri

Ton frère ne m’a pas raconté beaucoup de toi.

Juste, tu étais artiste. Et rêveur. Il y a toujours ce petit tableau peint par toi au mur de ma chambre.

Juste, tu n’as jamais travaillé, pas comme on l’entend. Tu te levais le matin et tu peignais. Autant que possible. Tes peintures te permettaient à peine de manger. Tes parents te donnaient un peu d’argent, quand ils pouvaient.

Juste, tu étais fragile, même avant de tomber malade. Tu étais la tristesse de la famille.

Tu as toujours été maigre.

Juste une photo en noir et blanc, c’est vrai que tu étais maigre. Et ce tableau peint de ta main, accroché au mur, face à moi.

Il est minuscule et plein de couleur. C’est la place d’un village de montagne où des gens passent.

Juste, tu peignais derrière la vitre.

La tuberculose te faisait craindre le froid.

Juste avant trente ans, tu es mort.

Laisser un commentaire