Entre le tic et le tac des secondes de la nuit, j’entends ton cri pousser dans la chambre d’à côté.
Sur mon lit les yeux grands ouverts dans le noir, j’entends le mot casser le silence.
Un son désarticulé,
Dans la pièce il est deux heures,
Plutôt trois et demi,
Alors je te bois j’ai peur.
*
Ta peur devient ma peur.
*
Ma peur le sommeil tes cris.
*
Alors la nuit l’angoisse de dormir, te boire.
*
Te boire et plonger avec toi.
*
Que le noir nous avale. Nos deux chambres.
*
Chambres collées sœurs.
*
Alors venir ton rêve, me glisser dans.
*
Ton cauchemar.
*
Et puis à cinq heures ou plutôt six,
Les yeux se réveillent sur les sons électriques.
Les sons trop forts leur font mal,
Aux yeux électriques.
Le matin,
Les cris de la nuit accrochés au plafond, à ta gorge, mes cheveux.
Rien ne dissipe rien. Les jours sont comme mes nuits. Rien ne se cache, ne s’apaise.
La lumière crue en plus.