Je ne reconnais jamais personne
Alors à quoi bon mémoriser les visages
Leurs visages ressemblent à s’y méprendre au mien
C’est comme s’ils s’étaient greffés un masque de moi
J’évolue dans un monde rempli d’individus portant un masque de moi
Je suis seule dans une foule de moi
À quoi bon mémoriser les visages car le monde est peuplé de moi et je me fonds dans une masse de moi
Et lorsque je ferme la porte de chez moi, je les entends encore je les vois encore car ils sont imprégnés en moi et ils sont infiltrés dans chaque cellule de ma peau
Ils me portent comme une fragrance, il me portent comme un body couleur chair
Qui es tu qui es tu qui es tu
Je ne peux pas être sans eux ils ne peuvent pas être sans moi
Ils se sont injecté ma substance dans leurs veines gonflées de moi et je circule dans leurs artères et leur cœur me pompe
Moi ils me pompent mon énergie vitale l’énergie au sens propre, ma force, ils me l’ont pompée
Mémoriser les visages c’est vain, vous êtes tous les mêmes vous voulez tout me prendre vous m’avez déjà tout pris
Vous portez mon visage, vous me l’avez arraché
Devant le miroir je suis l’être sans visage, je suis la seule à ne pas porter de visage, je suis à nue car vous m’avez dépouillée de moi
Et la solitude, la vraie solitude, n’est ce pas l’absence de soi ?