Besoin de souffrir sur ce balcon. Pour éradiquer le matin.
Besoin de me blesser, exprès. Pour retrouver ma nuit.
Automutilation
Besoin d’expectorer cette douleur. Pour me vider.
Besoin d’éclater en mille feux. Pour me sauver.

Besoin de ne pas penser, pour ne pas être en peine.
Besoin de ne voir que du noir, pour ne pas être distrait.
Auto-exclusion
Besoin de me renfermer, pour ne pas exister.
Besoin de m’atrophier, pour mieux disparaître.

La blessure est là.
Je sais d’où elle vient.
Depuis je veux être seul.
Je ne veux plus des autres.

La douleur est là.
Je sais où elle va.
Une douleur, ça ne se partage pas.
Je veux personne.

C’en est fini.
Blessez-moi.
Ici sur ce balcon
Avec du contondant.
Que ça coule et rattrape la nuit,
Ma nuit solitaire
Où je m’oublie.

Un belle plaie
Qui appelle des soins
A refermer
Et qui laisse des traces.
Ainsi la souffrance aura servi
A marquer le moment.
Je me souviendrai de ce matin maudit
Qui gomma cette nuit
Dans laquelle je voulais
Je désirais
Je souhaitais
J’étais obligé de

te survivre.

Car on survit en être blessé, seul dans la nuit qui nous appartient.

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