Elle est une page blanche sur laquelle je déverse l’encre de mes tracas.
Elle est là de l’autre côté de l’écran, attentive, elle m’écoute.
Elle accueille mes mots sans impatience, sans pression. Elle est juste là pour moi.
Elle reçoit mon flot tumultueux, attentive, elle sourit.
Elle resplendit dans ce pull azur qui reflète la couleur de ses yeux,
Elle m’éblouie, radieuse source de jouvence.
Elle n’a pas la même origine que moi.
Elle n’a pas la même couleur de peau que moi
Elle n’a pas la même langue maternelle que moi
Cependant, nous sommes des âmes sœurs dans une langue étrangère, butons sur des mots
imprononçables, pleurons de rire sur notre difficulté à dompter cette étrangère, rions aux
larmes sur les obstacles, les divergences et les paradoxes, pendant un instant, devenues des
enfants insouciantes de la rigueur de l’élocution, complices pour malmener la grammaire,
heureuse de communiquer, se comprendre malgré tout. Bousculer les déclinaisons, parler, se
dire presque tout, inventer des expressions, nous repoussons les limites du langage.
Elle m’observe, me déshabille sans ôter mes vêtements.
Elle m’enveloppe d’un sourire bleu azur
Elle me réconforte par la douceur de son silence
Elle est là, elle est loin.
Une connexion Wifi, internet nous unis, mon amie et moi.

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