Peut-être que mes os
broyés
lesteraient
ce nuage
Peut-être que mon cerveau
émietté
brûlerait
les forêts
de cèdres
Peut-être que ma bouche
tordue
engloutirait
vos pensées
Peut-être que la blessure
dont je vous parle
ne se diluerait
qu’à moitié
et laisserait le limon noir
sur place
envaser
les fossés
Faut-il scier
ma gorge
par le milieu
pour voir
les sanglots
tomber
Faut-il pilonner
la gelée
de mon encéphale
et venir
à bout
de
la
peur
Faut-il percer
le flan
pour
expurger
la bile
acide
Faut-il briser
les molaires
et broyer
les phalanges
une à une
pour
ravaler
ma peine
Faut-il que la blessure
dont je ne fais que vous parler
ne se dilue qu’au quart
et laisse
le limon noir
sur place
envaser
les fossés