Mais…

Je me sens bien, seul dans cette maison. La fraîcheur humide les jours de tempête, quand le vent souffle et bat la pluie contre les vitres. Les jours d’automne où la nature sait mieux que moi ce qui est bon pour la terre. Pour tous les habitants de la terre. Rester là, allongé. 

Dormir, si possible. 

Au chaud, si possible.

Je me sens bien. Seul dans cette maison. Même en hiver. Surtout l’hiver. Toujours cette fraîcheur, celle de la neige aux branches. Celle que le merle combat de son vol bas, chaque geste compte, chaque battement d’aile, jusqu’au réservoir de graines.

Je me sens bien. Seul dans cette maison, je ne sais pas. Il y a cette fraîcheur le matin. Comme si la rosée s’y déposait quand même. Comme si l’éveil ne se faisait qu’au dehors, comme si tout devenait beau passé le seuil, mais qu’à l’intérieur, rien ne bougeait. 

Cette maison n’autorise pas le printemps, les fleurs ou les bourgeons. Elle demeure sombre. Par toutes les saisons et par tous les temps. Je me sens dans cette maison, comme le voyageur d’un wagon. Planté dans le décor. Immobile.

Je me sens bien seul dans cette maison. Il y a toujours cette fraîcheur, celle du matin, quand le soleil n’est pas complètement rentré, mais qu’il me chauffe déjà le bas des jambes. 

Mon café tiédit pendant des siècles. Je vois bien que l’été va passer sans toi. 

Moi aussi j’ai à moitié froid. 

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