le jour où un savon autre que marseillais
osera me laver la main
je jure
je lance la barque
rafler la marchandise
et je t’offre une vague mais la vraie
le jour où la vraie vague lavera sur mon front
la folie de rêves insensés
incessants si fadas
que je leur ai cédé
alors j’entrerai au couvent
le jour où une barque lavera l’horizon
des dominations et conquêtes
qui nous gâchent la vue
à nous
idéalistes
alors je t’offrirai une larme
le jour où une larme lavera sur ma joue
le chagrin qui de la rivière
remonte de temps anciens
que je n’ai pas vécus
alors je parlerai
aux miens
le jour où une main lavera sur la page
la larme que m’inspirent d’autres vagues
je serais marseillaise
mais pas qu’un peu
vraiment
je t’enlèverai sur ma barque