Revue Miroir

Il est clair que la douleur est égale à la mer. Mystère beauté et effroi dans un seul corps. L’une est tapie au sous-sol de sa peau, dans les entrailles de sa propre carcasse, dans les synapses de la cervelle pendant que l’autre dévoile, ne se cache pas, nous montre sans honte ce qu’elle recrache, vomit, ses entrailles, nous les laisse en dépôts en bord de plage

Une masse / jaune au loin
Se / confond avec
Soleil
Plonge / et fond
C’est
L’horreur / du
Monde avalé
Par /
Grande bouche azur
Les hommes

La mer on peut la fouiller, mettre sa tête et ses mains et ses bras , sans autorisation on peut visiter le coffre-fort de son ventre, la morgue de son âme

Des / feuilles d’or
Tapissent plage
Étoiles tombées /
Ciel / sol
Soleil / sol
Corps / des hommes sans
Vie
Et / songes
Encore vivaces / dans
Leur/ bouche souffle
Coupé

Tu n’as ni les armes ni la force ni la patience de savoir et de connaître le costume et le visage de ta douleur
Il y a des spécialistes pour ça
Qui te font sortir du flou
À te vider du flouz
Pour traverser
Mer intérieure

Sous / les feuilles d’or
Des vies / arrachées par
Vandales
Mer et douleur
Miroir de l’un et l’autre
À recracher
L’horreur
Monde

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