Premièrement
j’habite dans une vie
où le quotidien n’existe pas
il est resté derrière
à l’époque des horaires
et de la grande ville
Deuxièmement
j’habite dans une ville
où je n’existe pas
les bars les boutiques les cinémas
les étals du marché le canal
les gens autour de moi
ne me connaissent pas
Troisièmement
la vie me coule dessus
comme je coule dans la ville
Quatrièmement
l’été attend en embuscade
derrière les buissons assommés de soleil
futur trop loin trop proche
temps distendu
pièces du puzzle à fabriquer soi-même
Cinquièmement
chercher la musique
les guirlandes entre les branches
l’eau claire sur les rochers
le soleil doux et l’ombre chaleureuse
les gens luisant de beauté
s’épuiser à vouloir tout à la fois
parce que pourquoi pas
la prochaine fois
on ne sait pas
Sixièmement
accueillir ce qui est et ce qui sera
laisser couler le soleil sur la peau
les yeux sur l’étang près de la maison
adoucir les peut-être
dans cette ville qui apprend aussi à nous connaître
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