Parenthèse

La déformation spectaculaire est arrivée. Cette sphère se met à onduler. Une vague déferlante de secousses incontrôlables. C’est la magie des éléments qui opère. Le tsunami inarrêtable tant attendu atteint son paroxysme.

Bientôt là.

L »angoisse attrape les tripes. Déjà je regrette les incantations pour précipiter ta venue. Je n’avais plus de sagesse face à cet isolement militaire. J’étais ta prison mais tu étais mon geôlier. Nous étions engagés volontaires, des légionnaires effrontés.

Tu devais arriver il y 5 jours déjà.

Tu es en retard.

Je t’attends.

Ma vie entre parenthèses. Mon Je est une autre. Je est entre Parenthèses. (Je)

Je te veux et appréhende cet instant où nous ne serons plus nous.

Ton je est un autre.

Mon Je est une autre. Une Autre. Sexe féminin. Sexe masculin. Je te prête mon corps, et je porte en moi ton sexe. Sexe masculin. Mâle ancré Femelle.

Les néons m’assomment. Il faut te délivrer. Me délivrer du Mâle. Des lésions étrangères ont déjà marqué ma peau, les stries blanches dont l’écume est le reflet d’un nouvel être qui s’annonce. Je hais ces néons. Leur vérité me fracasse, je est une Autre. Une Anonyme, a no name. Une femme à l’instinct grégaire qui ferait tout pour qu’on cesse de lui arracher les entrailles. Simple mortelle qui s’est éprise à jouer la part de Dieu, et prise à jouer la part du Diable. A procréer, à enfanter et prie. Cri. 

Parent

Thèse 

Parents

Taisent

Parenthèse.

La magie, l’inconnu, la rencontre, enfin. Un ouragan dans une vie. Un cyclone de chamboulements. Inattendu. On se connaissait. On se reconnaît.

La rencontre reconquête. JE redevient Moi. JE devient MER OCÉAN. Je redeviens moi et une autre. Ouranos. Femme Monde. J’ai enfanté la vie. Je suis nous.

Tu étais Moi.

Tu deviens toit.

Toi de mon monde.

Toit de mon Univers.

Sufering soufre

Moi, incrustée dans sa peau
Quand tu t’en apercevras, au détour 
D’une manche relevée 

Comme un tatouage marqué à vif,
Sans encre, ni aiguille. 

Ne crois pas que la lame aiguisée 
L’ait blessée 
Le sang chaud a coulé hors des veines
Je suis elle, elle… émois 

Comme soufre sur sa peau brûlée, lésions irréversibles. 
Alors tais toi! Qui es tu pour hausser

Les sourcils les épaules et souffler? 
Je suis cette trace qui, là, fait naître 

Ni pitié ni tristesse. 
De toi on n’attend rien.
Détourne ce regard pitoyable
D’assomptions erronées 
Elle va bien. 


Sulfur Suffering

I, embedded in her skin,
When caught unaware, 
At the unfolding of a rolled up sleeve

You see me
Like a tattoo marked raw

No ink, no needle.
Don’t think the sharp blade
Hurt her
Warm blood flowed out 

Of the veins
I am she. Her…emotions

Like Sulfur on her skin burnt
Irreversible lesions.

So, make no sound… who are you
To raise the eyebrows

Shrug your shoulders and hiss?
I am the path that gives birth.

Neither pity nor sadness.
No one expects anything from you.
Avert that pitiful gaze
Of mistaken assumptions
She is fine.
She is mine.