Elles me délient
les lèvres noires,
dessin ouvert sur un grand mur
Elle me couve la peau éteinte 
la cendre grise
des deux pommettes
Ils me récoltent, les yeux brûlés
Leur terre rouge
Semée très loin, 

semée pour moi

Je m’allonge pour ramasser
le bois sec de tes chevilles.

Toi tu es fidèle ou mort ?
Ciel lavé comme un miroir
Pluie d’il y a dix ans déjà
Murs et rues qui nous mènent 

A notre ville dans les fumées
Fidèle à toi jamais plus
Tout à l’heure je redescends la rue
Pourtant c’est doux comme l’amande
Amère de retrouver le goût
De ce qui ne marche pas

Par les rues qui déroulent chaque
Souvenir ou pierre engrisée de soleil
Je pense, toi, tu es fidèle
A tes dons impossibles
Tu ne connais aucune tristesse

Moi, je suis fidèle, le fleuve
Peut tout apprendre
A rester dans son lit et à y retourner
Je rentre au regard jaune 
de ma lampe
Retrouver mes couleurs